I feel so alone.

Dimanche 1er juin 2014

La solitude est un sentiment détestable.

J'aime qu'on me laisse tranquille, en paix, libre, que je puisse vaquer à mes occupations. Qu'on ne me pose pas trop de questions. Qu'on ne cherche pas constamment ma compagnie. Qu'on ne me juge pas, pour mes actes ou la personne que je suis intrinsèquement.
Cependant, et c'est peut-être cruel, j'ai l'impression de ne pouvoir "être" avec personne, physiquement, sauf R., et c'est plutôt déprimant. Vivre avec des personnes sur une courte durée est difficile. Je grandis mon égoïsme et ça me rend triste. J'ai du mal à rester tout le temps avec ceux que j'appelle "mes meilleurs amis" à l'école, je fais une "overdose" lorsque je les vois trop souvent. Je les aime vraiment, nous sommes amis, mais pas "meilleurs amis". Ils me comprennent sur beaucoup de choses, bien sûr, nous partageons certaines valeurs, certains goûts, mais je les sens si égoïstes, si centrés sur eux-mêmes. Je donne tout et je ne reçois que peu. C'est fatiguant, ça me pompe toute mon énergie. Et je me sens coupable d'être ainsi, d'être généreuse, d'être aigrie de l'être.
Je n'aide pas les gens parce que je pense que je suis le Messie, ou meilleure qu'eux. J'aide les gens parce que ça me fait plaisir et que ça me fait grandir. Mais aujourd'hui, je sus fatiguée de toujours tout donner, je suis fatiguée tout court, alors j'arrête. Quelques jours.

Je n'aime pas me sentir "seule contre tous", incomprise et non soutenue dans mes opinions. Je n'aime pas du tout me sentir mal à l'aise et rejetée dans un pays où le score du FN a explosé. Pas à ma place ici, alors que j'ai grandi ici, que j'ai vécu toute ma vie ici, que j'ai étudié ici et que je continuerai encore quelques années. Je peux comprendre que le système politique soit rouillé et que la vie des gens devienne difficile au quotidien. Je peux comprendre que la démagogie fonctionne parce que l'éducation n'a pas fait son bout de chemin. Je peux comprendre qu'on rejette l'Union européenne dans sa forme actuelle. Mais je ne peux pas comprendre que les valeurs des gens, de 25% des votants, consiste en un racisme puant et un égoïsme flagrant. Je ne peux pas comprendre qu'on puisse, de nos jours, préférer un nationalisme exacerbé à une entraide entre pays voisins. Je ne peux pas comprendre qu'on arrive à voter FN pour faire bouger les choses et faire comprendre aux dominants que cela ne fonctionne pas.
Je sais que je suis moi-même intolérante : j'ai du mal à accepter les gens racistes, les gens homophobes, les gens qui ne respectent pas les dires et les demandes des autres, les gens qui empiètent sur la vie privée des autres, et tant d'autres gens. Je vote au centre, parfois à gauche. Je considère que l'économie est un sujet sur lequel je penche à droite, et j'ai des revendications sociales très fortes (l'égalité pour tous, les hommes et les femmes, les homosexuel·le·s). J'essaie de comprendre tous les sujets d'actualité, les raisons qui poussent les gens à agir comme ils le font. J'apprends tous les jours un peu plus (en lisant des livres d'histoire, en lisant des romans, en lisant des revues scientifiques). J'avance. Je ne recule pas.
Et pour moi, le FN recule. Dans un monde relié de toutes parts, qui veut apprendre des autres cultures, le FN est un parti qui souhaite au contraire refermer le pays sur lui-même. C'est économiquement non viable et humainement impossible.

Alors oui, aujourd'hui, je me sens seule. Je me sens seule car je me sens incomprise.
J'espère que ce sentiment va s'estomper avec le temps, mais j'ai bien peur que cela continue.
Je pense que je vais déménager dans la pampa argentine, ou les montagnes népalaises, ou dans un lieu où je n'aurais pas à faire face à de la haine cachée sous des semblants d'institutions qui légitiment cette haine.

Retour au lycée.

Jeudi 8 mai 2014

Je pensais à l'Anglais, pour des raisons tout à fait normales puisque nous nous sommes vus. Et je voulais savoir si j'en avais parlé ici.
J'ai donc ouvert mon blog, et je me suis rendue directement page 57. Et c'est cet article auquel je pensais. Article situé page 57. C'est drôle, parfois, comme les choses sont bien faites.

Nous nous sommes revus une fois, je pense, peut-être deux. Et j'ai cru comprendre qu'il ne voulait plus jamais me revoir.
Sauf que là, alors qu'il est assis sur le fauteuil et moi sur l'accoudoir du canapé d'à côté, il me prend les jambes, les pose sur lui et les garde ainsi.
Je voudrais me rappeler qu'il a une copine depuis deux jours et qu'il ne la connaît que depuis une semaine. Mais je sais qui je suis, je sais que ce qui s'est passé avec le-mec-sur-qui-je-n'ai-pas-le-droit-de-crusher n'est qu'une faible partie de ce que j'admets et accepte de faire. Et je me rappelle aussi de L. et de notre passe rapide dans une ruelle le soir du Nouvel an. Je sais qui je suis et je n'ai pas changé.

Mais je sais aussi comment sont mes amis de lycée.
Donc, l'Anglais a une copine.

J'ai profité du peu de temps que j'avais pour remonter un peu mon blog. J'avais oublié que notre relation était ainsi, j'avais complètement oublié tout cela. Tout ce qui me restait en mémoire, c'était que je lui avais dit que je le désirais mais que je ne l'aimais pas. J'avais oublié que je le tapais sur les fesses, j'avais oublié que je l'aimais bien quand même, j'avais oublié qu'il m'aimait bien un peu. J'avais tout oublié.

Et tous les autres. Tous ceux-là que j'ai vécus tellement fort durant le lycée, que la prépa' a complètement occultés, que je n'ai pas su retrouver. Je les avais aussi oubliés.

Est-ce que je vais oublier R. de la même manière ? Je n'ai jamais réellement écrit sur R., je n'ai jamais écrit les petites choses si adorables qu'il me dit. Quand il me dit qu'en dehors de la famille, je suis sûrement la personne qu'il aime le plus, alors même que deux, trois mois plus tôt il me disait qu'il n'avait jamais aimé dans sa vie. Quand il me dit qu'il avait eu envie de pleurer après notre précédent WE ensemble, alors que moi je lui dis qu'après ce WE-là j'ai eu tellement envie, pour la 1ère fois, de pleurer en le quittant. (Et j'ai pleuré, dans le train.) Quand il réagit à toutes mes avances étranges, comme quand je tends la main pour qu'il la prenne. Quand il fait son petit jaloux et qu'il me demande si j'ai l'habitude de toucher les autres ainsi (oui, ce sont mes copains de lycée). Quand au restaurant il paie tout vu que la serveuse lui tend d'office la machine. Quand il accepte que je le relooke, puisqu'en dehors des moments où on se voit il n'achète aucun vêtement (ou presque). Quand le Pérou. Quand LA discussion. Quand on tombe enfin d'accord sur la beauté de quelqu'un : Hugh Dancy.

I will always somehow love you.

Mercredi 19 mars 2014

Je vois H. demain.
Et je ne sais pas. Je ne sais plus. Je n'ai jamais su, peut-être. Ou alors, je sais mais je ne veux pas y croire.

J'ai un blocage. Avec les garçons. Parce qu'avec les filles c'est toujours plus facile de flirter.

J'ai l'impression qu'en ne racontant pas ici la majorité de ce qui est arrivé dans ma vie sentimentale, j'ai oublié. Parfois, c'est vrai, j'oublie, alors même que j'ai raconté ici. Quand on me demande avec combien de personnes j'ai couché, je ne sais pas quoi répondre, je cherche à compter, j'en oublie, je m'embrouille dans les dates. Et ce n'est pas grave. J'ai mis du temps à accepter que ce n'était pas grave d'oublier, qu'on ne pouvait pas se rappeler de tout le monde. Que parfois ça ne fonctionnait tout simplement pas. Que si je me souvenais, c'est que ça m'avait apporté quelque chose d'important.
Je suis devenue égoïste avec le temps et les écorchures.

Je crois que j'ai un blocage avec les "garçons" (les représentants du sexe masculin qui ne sont pas mariés, généralement). N. a été important, bien sûr, mais S. aussi. Je crois que j'étais encore un tout petit peu amoureuse de N. (ou de l'image que j'avais de lui ?) quand je suis tombée sous le charme de S., et puis S. est "parti" aussi vite qu'il est arrivé. J'ai été intensément attirée par lui, peut-être amoureuse. Comment savoir quand mon esprit malade a tenté de composer avec l'information "il a une copine depuis longtemps et il est amoureux d'elle" ? Mais c'est passé. Et puis, j'étais très fragile émotionnellement à cette époque, à l'époque où je les ai rencontrés.

J'ai un style de mecs. Il serait à présent hasardeux de prétendre que je n'en ai pas un, compte tenu des personnes importantes qui ont jonché ma vie et de leurs points communs. J'ai le recul nécessaire pour me rendre compte de cela. J'arrive à savoir si un garçon va me plaire quand je discute quelques minutes avec lui. Je sais ce qui me séduit.
Et du coup, je bloque. Je bloque ce que je peux avec ma tête, ce qui m'empêche de savoir ce que mon cœur veut réellement. Et après je me convaincs avec ma tête qu'il correspond au "cliché" des gens que j'aime bien, et du coup ça me rend folle.
Je rends mon propre esprit malade avec mes idées.

J'ai l'impression que H. est dans ma vie depuis si longtemps, que j'entretiens mes doutes sur lui depuis des mois et des mois (ce qui est sûrement vrai, en réalité), je ne saurais pas détruire aujourd'hui ce que nous avons pour une potentielle amourette qui ne durerait pas.

Je crois qu'au fond de moi, je n'ai jamais cessé d'espérer que "quelque chose" pouvait être possible entre lui et moi. J'ai eu le cœur brisé lors de notre dernière entrevue, j'ai cru voir que rien ne serait jamais possible entre nous. Et là, aujourd'hui... j'hésiterais presque.

Je n'ai jamais été autre chose qu'indécise par rapport à lui. Il me semble que cela est dû à mes deux désillusions avec N. et S., mais je ne peux pas réellement déclarer que ce n'est que cela. Je n'ai pas besoin d'être en couple ou rattachée à quelqu'un ; en réalité j'ai l'impression que cela me ferait plus de mal qu'autre chose. J'ai peur qu'être avec quelqu'un ressorte mes pires travers et me fasse prendre conscience pour de vrai que je ne fonctionnerai jamais ainsi, alors je préfère attendre.
Et quand j'écris cela, je me rends compte qu'il est fort probable que H. soit la personne que j'attends.

Et quand j'écris cela, je me rends compte que j'accentue nos différences pour me rendre la tâche insurmontable et tenter de me dissuader de l'aimer.
C'est compliqué en réalité, c'est comme si je m'interdisais de ressentir parce que je sais que cela va me faire mal.
Je ne suis pas sûre que cela me ressemble.

(Je viens de remonter mon blog et je tombe sur cet article qui date de moins d'un an. J'ai l'impression de lire un copier-coller, de ne pas avoir évolué.)

EDIT post-rencontre :
Cette personne est merveilleuse. Elle est attentionnée et belle et intéressante et parfaite pour moi. C'est toujours une évidence lorsque je la vois. Et pourtant...
C'est si difficile de lui dire les choses. Je le fais sur le ton de la blague, mais au fond, quand je lui dis "tu es parfait", je le pense. Je pense réellement que cette personne est, à l'instant précis où je le dis, parfaite : elle est avec moi, je peux la voir, la toucher, la sentir, et elle vient de dire quelque chose de fondamentalement mignon / adorable / intelligent.
Je lui ai écrit que je ne pensais pas qu'elle me manquait autant (en d'autres mots moins clairs). Je lui ai dit qu'on ne devait plus passer autant de temps sans se voir. SEPT semaines, alors que c'est la personne que j'aime le plus (en dehors de R., et j'ai passé 8 semaines sans le voir et ça c'est parce qu'il habite à 250 km et 50 euros de moi) (je crois que cet argument n'est pas bon).
J'étais tellement excitée à l'idée de la voir. J'ai été moi en plus exagéré.
La nuit tombe sur moi et tout ce dont j'ai envie c'est de vivre dans son odeur.
Je ne veux pas être demain, je ne veux pas être triste. Je suis déjà triste.

Ton parfum sur mes doigts.

Lundi 10 mars 2014

J'ai maladroitement ouvert un échantillon d'antan (de 2011, je dirais) qui traînait dans ma trousse de maquillage. C'était un échantillon d'Hugo Boss. Le parfum que Chou portait.
Cela m'a fait penser à lui. Forcément. Je n'ai pas oublié qu'il le portait, j'ai délibérément décapuchonné la petite fiole. En revanche, non, je n'ai pas fait exprès d'en mettre deux gouttes sur les doigts de ma main gauche. Je les sens d'ici.

C'est drôle, le temps. Cela te donne de la matière dans la vie, parce que depuis lui, j'ai du mal à appeler quelqu'un d'autre "Chou", officiellement. Ça m'arrive de m'adresser à quelqu'un comme ça, à vrai dire tous les membres de mon ancienne association étaient affublés du suffixe "chou", mais pas officiellement. Cela te donne l'expérience qu'il faut pour regarder en arrière et ne rien regretter, parce que tout est arrivé au bon moment. Si j'avais rencontré Chou quelques années plus tôt ou maintenant, on n'aurait pas partagé ces quelques mois (longs mois !) d'amitié très forte et sincère. Je ne renie pas du tout ce que nous avons vécu ; je sais simplement que cela fait partie du passé. D'un passé que j'aime beaucoup mais qui me pèse encore un peu, de moins en moins mais quand même. Je sais que tout cela m'a permis de devenir la personne que je suis aujourd'hui et dont je suis parfois fière.

J'ai revu Chou vers Noël. Il était avec A., sa petite amie. Ils sont ensemble depuis trois ans maintenant, je trouve ça impressionnant, mais il a toujours eu de "longues" relations. Ils étaient mignons, avec leurs petites doudounes assorties et leurs toutes petites disputes. Elle m'a presque intimidée, mais presque seulement. Je me sentais un peu moche à côté d'elle et je pense que cela a dû suffire pour la "calmer", jalouse comme elle semble être (d'après les dires de Chou). Et puis, j'ai un peu inconsciemment analysé Chou. Elle est bien plus jeune que lui : il termine bientôt l'école de commerce, elle n'y est pas encore. Ils vivent ensemble tous les deux. Mais elle a l'air plus mature que lui, plus autoritaire. Je ne sais pas si c'est chaque garçon qui s'écrase devant sa copine ou quoi, mais elle m'a semblé particulièrement "forte" (une main de fer dans un gant de velours). Et du coup, je me suis dit qu'il aimait bien avoir cette impression de supériorité mais qu'il aimait aussi que ce ne soit qu'une impression.

[...]

Abandon. Désertion ?

Mardi 10 décembre 2013

J'ai laissé tomber ce blog à l'un des moments où j'en avais le plus besoin. Quand H., R., le-mec-sur-qui-je-n'ai-pas-le-droit-de-crusher, Mc., des nouveaux, se sont bousculés pour me rendre complètement folle.
J'ai l'impression qu'il est temps de tourner la page.

Alors, je pense que c'est un au revoir, peut-être temporaire, probablement définitif.

Ce fut un plaisir d'embarquer sur cette barque avec vous. La "Cow"munauté qui était si géniale quand je suis arrivée ici. J'ai grandi avec vous, j'ai perdu l'écriture, mais je n'oublie pas.
Merci.

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