I wrote it and I believed it, somehow. But it happened again. And that second time, I wasn't so glad we didn't cross the line.
So this time, we'll cross the line.


Le-mec-sur-qui-je-n'ai-pas-le-droit-de-crusher. (En 5 ou 6 ans je suis venue à bout des surnoms, c'est fou.) On ne va pas l'appeler pour les besoins de cet article. Je crois que je n'ai jamais vraiment parlé de lui par peur, par superstition, parce que je ne voulais pas lui donner d'importance.
Je me souviens de ma première rencontre avec lui. C'était dans l'appartement d'un autre garçon qui me plaisait bien à l'époque (comme quoi...), il parlait avec ce garçon et je lui ai piqué son chapeau. C'était un contexte particulier aussi. J'étais pleine d'adrénaline, d'excitation, d'impatience, l'événement le plus génial de ma scolarité était là, sur le point de débuter. Je me souviens que je l'avais trouvé très, très, très mignon, et que je n'aurais pas refusé un petit tête-à-tête plus privé avec lui.
Et puis le temps est passé, quelques mois. Et puis on s'est brusquement rapprochés. Il est ami avec mes deux plus proches (dont R.), un jour je leur ai dit "on déjeune au RU ensemble pour une fois ?", il m'a attrapé par le bras (d'une familiarité extrême...) et m'a embarquée avec eux. Je me souviens que cette familiarité m'avait déboussolée. Mais j'étais sous le charme, définitivement. Ce n'était pas grave de le trouver beau et attirant, tant que rien de concret ne se déroulait.

Première infraction, cette soirée chez moi. En février. J'avais dit à R. que j'étais de retour sur "le marché" (prête à me relancer à la recherche d'un chauffage humain éphémère), mais je comptais garder ça secret. Et R. le lui répète, innocemment. Ce qui a provoqué une petite dispute entre R. et moi (et un léger moment de froid) (mais je l'aime trop pour lui en vouloir). Sur la fin, l'alcool faisait son effet, il était sur les genoux, je lui caressais les cheveux (ces magnifiques bouclettes !). Mes deux plus proches sont partis en même temps, il est resté dormir. Sur le canapé-lit officiellement. Sincèrement, je n'avais pas du tout imaginé ce qui allait se passer. J'étais pleine de naïveté lorsque je lui ai proposé d'ouvrir le canapé. Et encore lorsqu'on s'est allongés dans mon lit et que je lui ai dit d'enlever son jean pour dormir. Et encore quand on a commencé à discuter. Mais plus quand il a commencé à me toucher. Ni quand j'ai commencé à l'embrasser. Puis, j'ai abordé le-sujet-qui-fâche : sa copine. Je n'ai pas envie d'en parler, ça le regarde. Mais ce fut un frein direct à notre activité.

Deuxième infraction. Quelques petites semaines plus tard. J'avais un crush sur un de mes potes. C'était un contexte particulier encore, réunion de tous les élèves de première année, par équipes, je me retrouve avec le mec sur lequel je crushais et lui. Le soir, mes deux plus proches sont passés dîner, je l'ai invité, il a refusé, mais nous avons continué à nous chamailler un peu par SMS. Longtemps. La discussion a viré sur le travail à rendre, puis sur le seske. Il me dit "je fais ma vaisselle et je vois si je viens après", vers 3 heures du matin. Je me suis rhabillée, je suis sortie dans la rue pour le rejoindre, il a plu tout le long de son chemin mais il a arrêté de pleuvoir quand il est arrivé, alors nous avons fait une ballade nocturne. Puis lu les nouvelles internationales chez moi, pendant qu'il s'amusait avec mes seins, un peu. J'ai eu des scrupules, encore. ENCORE.
Je l'ai longtemps regretté. J'ai assimilé comme miens des principes qui ne l'étaient pas, sous la pression des autres. Parce que "ça ne se fait pas" de coucher avec un mec en couple si tu sais qu'il l'est.

La semaine d'après, sa copine est venue en soirée dans notre ville. J'étais avec un joli garçon, je les croise en sortant du club. J'allais coucher avec mon joli garçon, je suis montée dans le taxi avec, je ne me suis pas posée de questions.
Et pourtant. Pourquoi cherche-t-il toujours à coucher avec moi avant (juste avant) l'arrivée de sa copine ? Est-ce que je suis la seule à qui il "inflige" cela (cela = il a une copine, avec qui tout se passe bien quand ils se voient mais la distance est difficile à supporter, pourtant il cherche à la tromper) ?
Je lui ai écrit un message privé sur Facebook, on a un peu clarifié les choses. Je suis contente de l'avoir fait. J'ai eu du mal à lui parler, le regarder, le voir même, les quelques jours qui ont suivi (j'étais sûrement plus attachée que ce que je voulais croire...), mais ça s'est vite débloqué, j'ai même été capable de faire la bise à sa copine en toute sérénité quelques semaines plus tard. (Elle est vraiment mignonne, c'est fou.)

Pour le reste, ce sera dans un autre article, j'ai déjà trop écrit. Mais le reste sera plus intéressant. Plus que des faits rapportés sans trop de détails ou de valeur ajoutée.

L'Homonyme. H., pour abréger. Il fallait bien qu'un jour, j'écrive sur lui ce que j'ai gardé pour moi pendant si longtemps.

Je me suis rendue compte qu'en réalité, je me bloquais (ça, je le savais) pour des raisons stupides (ça, je ne le voyais pas) : j'ai peur que « N. » se répète, même si mon attirance envers H. est fortement moins importante que pour N.. En fait, j'ai eu une révélation récemment en passant en revue tout ce qui me faisait penser que H. m'aimait bien, c'était exactement le même type d'événements/réactions/attitudes que N. avait envers moi, et ces deux personnes se ressemblent quelque peu dans le fait qu'elles ne sont pas très avenantes. Et je croyais naïvement que N. m'aimait bien (peut-être qu'il m'aimait bien mais que je me suis révélée être une plaie).

Pour l'instant, je vis bien le fait de construire petit à petit une amitié, sans se presser, sans chercher plus loin. J'aime apprendre à le connaître comme j'ai apprivoisé R., savoir ces petites choses que les autres ne savent pas, me sentir spéciale parce que chaque relation est spéciale.
Pourtant, je ne sais rien. Je ne sais pas si je l'aime bien. Je ne sais pas si les raisons qui me font croire que je l'aime bien sont justifiées et réelles. [Je ne sais pas si je l'aime bien parce que je l'aime réellement bien, ou parce qu'il est là sur le chemin et que j'aime bien prendre soin des autres, ou parce que j'ai décidé avec ma tête que crusher sur lui pouvait être cool. Parce que je sais que faire l'amour avec lui ne me ferait pas de mal, mais je sais que j'ai tellement séparé les deux que j'ai du mal à savoir et à ressentir. Je sais qu'on n'intellectualise pas l'amour ni les sentiments, mais moi j'aime le faire, j'aime savoir quand j'aime, et là je ne sais rien.]

Je ne veux pas lui faire de mal, mais qui veut faire du mal à son prochain ?

Ce n'est pas compliqué. Cela commence par une envie de lui être sympathique parce qu'il a l'air seul, une association en commun, des activités à préparer. Un aprèm', je lui propose de venir tâter de l'Internet chez moi, il accepte. Et puis, un jour, je ne sais plus comment, je me retrouve à acheter deux places pour un match de hockey sur glace parce qu'on s'était mis d'accord pour y aller ensemble. Et un autre, à aller voir un entraînement de foot (événement lié à notre association, si si), et à rentrer à pied par manque de tramway et à rester discuter avec lui dehors presque deux heures. Là, on peut caler des invitations nombreuses à venir chez moi faire la fête avec mes autres potes. Un autre événement de notre association et un retour à pied avec les copains de ma deuxième association font que je l'invite à l'événement privé de ma deuxième asso' (un tour au Futuroscope, ça ne fait de mal à personne). Un soir, dîner avec tous les membres de notre asso', on fait un mini-after chez moi et il hésite à venir, si bien qu'il fait une partie du chemin avec nous (alors que ce n'est pas tellement son genre). Les révisions un peu difficiles chacun de notre côté, le soleil éclatant font qu'il me propose d'y aller avec lui, au Château. Et deux jours plus tard, j'arrive chez lui, quiche lorraine à la main, pour réviser des matières horribles.
Des petits rappels que je devrais passer chez lui pour jouer à tel jeu dont nous avons parlé.
Une attitude générale qui me semble prometteuse.

Quand j'y pense, à lister tout ce qui est insignifiant en général et qui prend sens sous mon prisme, tout est de ma faute. J'ai été trop avenante alors que je n'avais pas spécialement de sentiments, que je ne voulais pas tellement y penser. Et si ? Et si, au fond, j'en avais, mais sans le savoir ? Parfois, les relations, ce n'est pas seulement rationnel. Parfois, on aime quelqu'un, on ne peut pas expliquer pourquoi.

Le fait que je me pose toutes ces questions est-il une preuve du fait que j'aime déjà ? Je ne pense pas.

N. m'a fait grandir sur certains points, m'a donné de la maturité en amour. La blessure a ses avantages. Je n'ai pas encore assez de maturité malgré mes expériences. Deux fois après lui, je me suis précipitée en croyant être accro' alors que ces amourettes me sont vite passées (quelques mois tout au plus) (mais j'ai cru aimer S. tellement fort, ce n'était sûrement que du désir, ça me paraît incroyable que nous soyons amis). Cette fois, je ne me précipite pas. Je prends mon temps. J'ai tout mon temps.

Mon voyage d'un mois n'a pas réussi à effacer mes désirs. J'ai une libido nulle depuis la dernière fois que j'ai couché avec quelqu'un, ce qui fait déjà quelques mois (mais je ne connais pas la date exacte) (libido nulle qui fut seulement excitée par le-mec-sur-qui-je-n'ai-pas-le-droit-de-crusher) et pourtant, faire l'amour à H. me paraissait une idée naturelle.
(H. me fait penser à C. sur ce point-là, je me demande s'il a déjà eu une petite amie, je me demande s'il a déjà fait l'amour, et par conséquent je pense à C., je me demande s'il ne le regrette pas, parfois. Que ce soit moi, que ce fut raté.)
Je le vois dans quelques heures. Je suis partagée entre impatience et anxiété.

EDIT (28/07/013) : je l'ai vu.
Je me suis fait des réflexions désagréables.
Je me suis dit que mes certitudes avec N. me manquaient, ma naïveté me manquait, mon absence de peur me manquait.
Je me suis dit qu'en fait, c'était un vrai bon crush de compétition, le genre avec lequel tu entrevois un avenir plus ou moins brillant, le type qui te donne envie d'un truc un peu sérieux.
J'ai eu le cœur brisé.
En général, j'aime bien les débuts amoureux. Mais seulement chez les autres. Ceux qui sont capables de voir ça d'un joli regard, plein de douceur et d'optimisme. Pas chez moi. Qui ne vois là qu'aigreur et damnations à venir.

Je sais ce qui me reste à faire, j'arrive un peu à le cerner. Je sais que le brusquer serait la pire des choses, que rester effacée sans trop l'être est la meilleure attitude à adopter, qu'attendre ne me déplaît absolument pas.
Je n'arrive pas à empêcher ma tête de penser au contraste si blessant entre le naturel de ma relation avec R. lorsque nous sommes exposés aux regards des autres et à la gaucherie de mes rapports avec H. lorsque nous ne sommes pas que tous les deux. Je pense que c'est dû à la nature de mes sentiments, qui sont immensément intenses mais platoniques envers R. et un peu moins intenses mais tâchés de désir envers H..

Retour au bercail.

Samedi 20 juillet 2013


Je me sentais mal alors je n'ai rien écrit pendant longtemps. Je me sens toujours mal mais c'est un mal différent.
J'ai été amorphe tout le mois de mai. J'ai passé des jours à ne pas m'alimenter correctement, à ne rien cuisiner. J'adore cuisiner, pourtant. J'ai été mise en arrêt par mon médecin durant une semaine "pour me reposer". Je ne me suis pas réellement reposée, mais tant pis. Il faut bien tirer sur la corde pour qu'elle craque et rompe.

J'ai voyagé. J'ai quitté la France pendant un mois, alors que je me sentais mal. Je suis allée au Pérou, il y avait mon amour R., j'ai eu du mal à lui dire mais je lui ai dit. Que l'Homonyme me manquait. Et il m'a dit "je le savais". Et j'étais inexplicablement heureuse qu'il sache et me comprenne si bien.
Le Pérou c'était génial. 11 personnes de ma promo, tous des gens géniaux. 5 de mes bons potes. Une mission intéressante. Valorisante. Du travail manuel. De la fierté à tirer de ce travail. Un minuscule voyage qui m'a émerveillée.

Je suis en stage. Jusqu'à l'avant-veille de ma rentrée scolaire. Et la veille, j'ai prévu de boire un coup avec les copains pour fêter cela. Quoi, je ne sais pas, mais quelque chose.
Mon stage en grande distribution me plaît. Je fais un peu de travail manuel par le rangement et le remplissage des rayons, c'est monotone mais j'avoue que cela contente mon côté un peu maniaque et ordonné. Et puis c'est un travail qui n'implique pas de grandes responsabilités, je ne suis pas indispensable au bon fonctionnement du rayon pour l'instant. Ma première "grosse mission" m'a été assignée ce matin, elle est essentielle pour le rayon, j'espère ne pas tout faire foirer mais je pense que ça ira. J'ai des horaires qui semblent rebutants mais qui sont en réalité arrangeants car ils me permettent d'avoir une vie remplie en dehors de mon stage (5h-13h, 12h - 20h, 9h - 17h).

J'ai eu mes résultats de partiels. J'ai "raté" une matière (la comptabilité de gestion, ironique pour qui veut se lancer dans le milieu pour son prochain stage) mais j'obtiens tout de même 96% de mes crédits au semestre 2 et donc 98% sur l'année (j'ai eu 100% au semestre 1). Ce qui me fait le plus rire (et qui accessoirement me laisse à la fois dubitative et fière), c'est que si on compare S2 et S1, j'ai gagné 10 places sur mon classement, j'ai une meilleure moyenne et j'ai moins de crédits validés. (En revanche, j'ai vraiment du mal à comprendre comment j'ai fait pour ne pas valider vu le travail que j'ai fourni et la copie que j'ai rendue.)
Oh, j'oubliais : je suis acceptée dans une voie un peu sélective, je vais pouvoir rencontrer des étrangers (ils seront normalement tous dans ma future classe) et parler anglais un peu plus souvent.

R. et l'Homonyme, ce sera pour un autre jour.

Life is life.

Dimanche 21 avril 2013

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Renouveau.

Jeudi 21 mars 2013


Comme j'ai écrit mon dernier article, j'ai un peu tenté de tout chambouler dans ma vie.
Déjà, on a rêvé avec mon école. C'était coule, c'était posé, c'était plein d'émotions en tout genre. J'ai jamais été aussi fière de faire partie de cette école, c'était vraiment deux jours magiques. Et j'ai rêvé ailleurs. J'ai rêvé d'ailleurs.

J'ai débloqué un peu mon blocage vis-à-vis de mes proches, de mes amis. J'ai essayé de renaître et de revenir mais j'ai mal ajusté le coup. Le mouvement est trop fort. J'ai mal en y repensant et j'ai mal pour eux.
J'ai décidé de me remettre au sport, doucement parce que le genou fait toujours mal. J'ai décidé de me taire de temps en temps, parce que je parle trop et que les gens savent des choses qu'ils ne devraient pas savoir sur moi.

J'ai décidé que ma vie sentimentale (qui est un chantier qui ne sera jamais construit) serait secondaire. J'ai décidé que je serais toujours la même fille stupide et procrastinatrice mais que je ferai un effort pour moins l'être.

J'ai décidé que je tenterais d'être fière de moi. J'ai décidé que je n'avais pas à rougir de mes actes mais qu'il fallait que je puisse répondre à ceux-ci, la tête haute.

J'ai mis le temps qu'il a fallu mais j'ai intégré R. dans ma vie. C'est R., celui qui a "pris la place" du "garçon préféré", puis de SP. Parce que cette place, dès qu'elle est vacante, a besoin de quelqu'un. Mais je garde mes distances avec R., des distances et des réticences que je n'avais pas avec les autres. J'ai confiance en R. mais pas pour tout, je ne peux pas, il a gaffé et j'ai tellement mal au cœur suite à son acte. L'effet papillon.

J'ai un petit groupe d'amis. On sort beaucoup ensemble. Souvent, on parle de nos vies. Parfois, on parle même de nos sentiments. Je leur donne du vrai, des bouts de moi, je leur donne ce que je ne veux plus.

Le printemps arrive. Est-ce que je peux éclore moi aussi ?

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